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Thème 3 : interaction recherche et formation

 

Les contributions du thème s’inscriront dans une réflexion sur les conditions du développement et de la transmission des savoirs professionnels en formation, entendue comme lieu d’expérience et/ou d’encadrement et de retour sur les expériences vécues dans et/ou hors des lieux de formation. En cela, la place de la recherche peut apparaître importante et pose question. En effet, en quoi la recherche peut-elle aider à la réalisation de ces retours réflexifs en procurant notamment des ressources conceptuelles et méthodologiques pour concevoir des modalités de formation satisfaisantes du point de vue du développement des compétences professionnelles des formés ?

Dans des formes d’alternance (formation-action), ces retours tentent d’articuler les savoirs d’expériences (ou savoirs-en-acte, relatifs à la forme opératoire de la connaissance dirait Vergnaud) et les savoirs scientifiques et techniques (du côté de la forme prédicative de la connaissance). En quoi la recherche contribue-t-elle à mettre au jour les premiers et à mieux définir leur articulation avec les seconds ? Et en quoi la recherche permet-elle d’étudier la mise en œuvre des concepts scientifiques et techniques dans les situations de travail ? En effet, une double question sur le statut des savoirs se pose. Si du côté des chercheurs, peut être interrogée la « validité scientifique » des savoirs professionnels, en revanche, du côté des praticiens, c’est leur caractère opératoire pour l’action en situation qui demeure crucial.

Plusieurs auteurs contemporains soulignent les difficultés d’intégration des résultats de la recherche dans la formation (design-based-research-collective, 2003 ; folwlkes et al., 2009) . Plusieurs types de causes peuvent être identifiés : concevoir la recherche comme produisant des connaissances qui doivent être appliquées par les professionnels ; le peu d’interactions entre le monde de la recherche et celui des professionnels qui conduit à ce que la recherche ne porte pas sur des problématiques a priori pertinentes et utiles pour les professionnels ; ou encore quand il s’agit de développer de nouvelles technologies (réalité virtuelle, réalité augmentée, serious games, etc.) pour la formation, les trop importantes différences culturelles entres le mode des concepteurs, celui des formateurs et celui des chercheurs.

Dans ce contexte, la didactique professionnelle, entendue au sens large des liens entre analyse de l’activité et formation, semble échapper à ces critiques. Mais est-ce réellement le cas ? Et à quelles conditions ? Au-delà du mouvement  de la recherche vers la formation, ne faudrait-il pas également convoqué celui de la formation vers la recherche, souvent utilisée dans le cas de master professionnel pour et par la recherche ?

Qu’en est-il des dispositifs de recherche et/ou de formation du point de vue de l’articulation visée ? D’une conception de la recherche qui alimenterait la formation à celle où les besoins de formation questionneraient la recherche, en passant par des dispositifs où recherche et formation seraient conçues dans un même temps. Au-delà des positionnements épistémologiques, qu’en est-il des pratiques effectives des acteurs ?

 

Version courte

La question de l’articulation entre recherche et formation est récurrente dans les institutions qui visent le développement et la transmission des savoirs professionnels. Parler d’ « interaction recherche et formation » à ce propos pose d’emblée le débat au cœur des enjeux de la didactique professionnelle : en interagissant avec des professionnels dans des dispositifs d’analyse de l’activité, le chercheur ne contribue-t-il pas à la formation de ces derniers ? Pour avancer sur ce terrain, et enrichir les orientations prises par les uns et les autres, nous proposons de confronter différentes modalités de recherche et/ou de formation du point de vue de l’articulation visée.

 

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